Archives par catégories : En salle – 2011

 

Réalisateur : Nanni Moretti

Pays : Italie/France

Durée : 102 minutes 

Genre : comédie dramatique

Acteurs : Michel Piccoli, Nanni Moretti, Jerzy Stuhr

 

 

Habemus-Papam-affiche.jpgRESUME :

Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d’élire son successeur. Plusieurs votes sont nécessaires avant que ne s’élève la fumée blanche. Enfin, un cardinal est élu ! Mais les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l’apparition au balcon du nouveau souverain pontife. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d’une telle responsabilité. Angoisse ? Dépression ? Peur de ne pas se sentir à la hauteur ? Le monde entier est bientôt en proie à l’inquiétude tandis qu’au Vatican, on cherche des solutions pour surmonter la crise…

(www.allocine.fr)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MON AVIS :

J’ai un peu honte de dire que je connais finalement peu Nanni Moretti. J’ai vu un ou deux de ses films, je l’ai rencontré plus souvent comme acteur, mais je n’ai pas porté plus d’attention que ça à sa filmographie, alors qu’il est quand même un des représentants principaux du cinéma italien « de qualité » (mais on peut entendre tout et n’importe quoi par ce terme). Habemus Papam m’a donné envie d’explorer un peu son œuvre en tout cas.

 

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Au départ, le sujet de ce film n’est pourtant pas pour moi, athée convaincue qui n’a pas beaucoup d’intérêt pour les questions de gouvernance religieuse (sauf quand ça nous vaut d’avoir une « personnalité » du monde catholique qui arrive à prétendre que les mères qui ont avorté reverront leur enfant (embryon donc) en enfer, que le sida doit être une sorte de punition divine parce qu’on a maltraité l’amour, et que les directeurs d’écoles libres ne devraient pas être des gens divorcés). Je l’ai regardé suite aux bons échos recueillis à gauche à droite sur internet. Et je suis contente de l’avoir fait, ce film m’a vraiment ravie.

 

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Pourquoi ? Difficile à dire. Peut-être l’attrait quelque peu voyeuriste de pouvoir voir « de l’autre côté ». Peut-être l’intérêt humain du sujet, cette manière de rappeler que les grands sont des hommes comme les autres. Peut-être le simple plaisir d’entendre de l’italien (ne rigolez pas, ça a joué pour moi, des fois ça me manque, mais la RAI me saoule beaucoup trop pour que je la regarde). Mais surtout à cause du « confort » du film. C’est un drôle de terme que je choisis là, mais je n’arrive pas à l’expliquer autrement. Malgré son côté mélancolique, ou peut-être grâce à lui, il se dégage d’Habemus Papam une impression de douceur, de compréhension, de gentillesse que je ne saurais justifier par des scènes ou des cadrages mais qui était bien présente pour moi. J’ai parcouru toute cette histoire comme en terrain connu, je me suis attachée à des personnages improbables et qui m’ont pourtant fait sourire, j’ai regretté de ne pas voir Moretti un peu plus parce que son psy acharné à occuper les cardinaux était incroyable, j’ai ressenti une sensation de bien-être et de calme à la fin du film.

 

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Et pourtant, le sujet n’est pas forcément facile. Et très délicat qui plus est en Italie. Il est d’ailleurs peut-être traité de manière un peu consensuelle, voire parfois même caricaturale (surtout dans les séances avec les psys). Mais jamais ça n’est venu affecter le plaisir que j’ai eu à regarder ce film.

 

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Pour finir, Habemus Papam est une histoire improbable et pourtant tellement humaine, un récit étrange, doux et bienheureux. Mais amer, piquant et parfois cynique. C’est en tout cas une petite merveille que j’ai pris beaucoup de plaisir à regarder.

 

 

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importorigin:http://leslecturesdecachou.over-blog.com/article-habemus-papam-90198232.html

 

Réalisateur : Julia Leigh

Pays : Australie

Durée : drame

Genre : 101 minutes

Acteurs : Emily Browning, Rachael Blake, Ewen Leslie

 

 

sleeping-beauty-affiche.pngRESUME :

Ce que les hommes lui font la nuit, Elle l’a oublié au réveil. Une jeune étudiante qui a besoin d’argent multiplie les petits boulots. Suite à une petite annonce, elle intègre un étrange réseau de beautés endormies. Elle s’endort. Elle se réveille. Et c’est comme si rien ne s’était passé…

(www.allocine.fr)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MON AVIS :

Il y a quelques semaines, j’ai lu mon premier roman de l’auteur japonais Yasunari Kawabata. Il s’agissait des Belles Endormies, une histoire étrange, fascinante parfois, mais qui m’a surtout perturbée, me laissant hésitante une fois le livre refermé. Je ne savais pas quoi en penser, je n’en ai donc pas parlé en détails ici. Et je dois dire que je n’avais pas fait le rapprochement entre ces Belles Endormies et la Sleeping Beauty dont il est question ici, tout bêtement parce que je croyais que le film était une relecture très sombre du conte de fées du même nom.

 

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C’est donc sans savoir à quoi m’attendre mais en ayant en tête quelques belles images et un rapprochement erroné avec Jane Campion (que j’avais cru être la réalisatrice de Sleeping Beauty au départ) que j’ai décidé de voir cet étrange film (qui, encore une fois, ne passera en Belgique que dans quelques mois mais est déjà visible en France). Je ne regrette absolument pas de l’avoir fait, mais je serais bien incapable de vous dire si je l’ai aimé ou pas. Il m’a impressionnée, il m’a envoutée, il m’a perturbée, il m’a parlé, il m’a étonnée, il m’a parfois agacée. Je pense avoir été conquise. Mais est-ce que j’ai aimé pour autant ? Difficile à dire. Il ne m’a en tout cas pas laissée indifférente.

 

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Sleeping Beauty reprend donc l’idée principale de Kawabata, c’est-à-dire une forme étrange de service aux hommes qui leur permet de passer la nuit en compagnie d’une femme sous sédatifs et de faire tout ce qu’ils veulent avec ces belles endormies, sauf pénétration. Cependant, nous n’allons plus suivre l’histoire du point de vue d’un homme fasciné par ces dormeuses, comme chez Kawabata, mais bien de celui de l’une d’elles. Emily Browning va nous faire vivre la vie décalée d’une jeune étudiante croulant sous les boulots de survie (du travail rébarbatif de bureau à l’essai clinique en passant par la case serveuse) mais qui ne s’en sort pas pour autant. Habituée des petits jobs de prostitution, elle va répondre à une annonce qui la verra mettre à disposition d’hommes riches son corps, ce dans une optique plus esthétique que sexuelle. Petit à petit, elle se laisse prendre par cet univers étrange, jusqu’à le laisser envahir sa vie.

 

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Tout le film repose sur les épaules d’Emily Browning, toujours aussi belle qu’à l’époque des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire. Elle est tout bonnement envoutante, d’une beauté fragile et incroyable, et permet à ce concept de belle dormeuse de prendre tout son sens. Cependant, je dois bien dire avoir espéré que son personnage déjà taiseux à la base cesse simplement de parler, parce que je n’ai pas réussi à être convaincue par l’actrice dès que celle-ci se mettait à babiller quelques mots. Elle m’a paru à chaque fois un demi-ton à côté de la plaque, avec des réactions décalées, comme sous influence. Esthétiquement, j’ai trouvé l’actrice parfaite, mais elle m’a semblé faire donc plus un travail de figuration que d’interprétation dans ce film. C’est dommage, c’est le genre de rôle qui peut donner un coup d’accélérateur à une carrière (mais la dame étant belle, je ne m’inquiète pas pour elle…)(oui, c’est légèrement désabusée que je fais cette remarque).

 

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Sleeping Beauty, c’est aussi une mise en scène très artistique. Premier film de Julia Leigh, il nous promet la naissance d’une carrière esthétique à la fois décalée et classique. Le sens de l’image de cette réalisatrice est incroyable. Elle a réussi à m’envouter à chaque cadrage, et à faire passer des passages plus difficiles à l’aide de cette grâce tranquille qui habite son film. Mais, en même temps, elle m’a perturbée. Je ne dis pas que son Sleeping Beauty est dérangeant pour autant, il n’exploite pas assez certains aspects du personnage principal pour cela. Il est tout bonnement contemplatif, mais nous donne parfois l’impression d’être plus un voyeur qu’un observateur, et c’est de ce côté-là qu’il peut interpeller.

 

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Au final, Sleeping Beauty est un objet aussi étrange qu’artistique, aussi étonnant qu’hypnotique, aussi élégant qu’énigmatique. Une expérience de cinéma unique, mais qui pourrait ne pas plaire à toute le monde. Comme le dit si bien la version inesthétiquement barrée de rouge de l’affiche mise dans cet article : à vous de juger. Je n’aurais pas pu mieux dire.


importorigin:http://leslecturesdecachou.over-blog.com/article-sleeping-beauty-89330435.html

 

Réalisateur : Philippe Lioret

Pays : France

Durée : 120 minutes

Genre : drame

Acteurs : Marie Gillain, Vincent Lindon, Yannick Renier

 

 

toutes-nos-envies-affiche.jpgRESUME :

Claire, Jeune juge au tribunal de Lyon, rencontre Stéphane, juge chevronné et désenchanté, qu’elle entraîne dans son combat contre le surendettement. Quelque chose naît entre eux, où se mêlent la révolte et les sentiments, et surtout l’urgence de les vivre.

(www.allocine.fr)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MON AVIS :

Après avoir lu (par hasard) le roman de Carrère dont est (très librement) adapté Toutes nos envies, j’ai donc vu le film de Philippe Lioret. Petite remarque à l’intention des lecteurs de D’autres vies que la mienne : ne vous attendez pas à trouver le livre dans ce film, il n’y en a que les grandes bases (la lutte des juges et le fait que l’un d’eux ait un cancer). Et c’est tant mieux j’ai envie de dire. Parce que le livre de Carrère est une expérience narrative qui n’aurait pas convenu à un film. Lioret a su se détacher de sa source pour la faire exister indépendamment de celle-ci, ce qui est un choix judicieux à mes yeux.

 

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J’avais lu des critiques négatives à gauche à droite, rien de bien emballant en somme. Il est vrai que Toutes nos envies n’est pas de la trempe de Je vais bien, ne t’en fais pas ou de Welcome. Pas aussi touchant que le premier, pas aussi marquant que le second. Et pourtant, j’ai trouvé ce film plus qu’honnête. Je ne me suis pas ennuyée, j’ai aimé la mise en scène discrète et les acteurs simples (parfois un peu trop pour certains). Mais, surtout, j’ai apprécié le développement du récit concernant la lutte contre les sociétés de crédits, expliqué de manière compréhensible et donnant un peu d’espoir pour s’armer contre ces mastodontes.

 

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Toutes nos envies, cependant, comme D’autres vies que la mienne, c’est quand même avant tout l’histoire d’une femme qui lutte contre le cancer. Et cette lutte-là, elle peut décourager. Même si elle n’est pas traitée de façon larmoyante, j’avoue que j’ai quand même eu du mal à certains moments, tout en appréciant la détermination de cette mère qui décide de rester lucide et « entière » le plus longtemps possible, choix que certains ne comprennent pas mais qui m’a touchée. Maintenant, je dois dire que j’ai été surprise de retrouver certains côtés de Ma Vie Sans Moi dans ce film (je ne vous explique pas lesquels, ils font partie des surprises du récit), moins bien exploités que dans cette petite merveille, ce qui m’a forcé à comparer les deux œuvres (même si le rapprochement n’est très certainement dû qu’à moi, je m’en rends compte), en défaveur de Toutes nos envies, il faut le dire…

 

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Mais le point fort du film, ce sont les acteurs. Vincent Lindon est égal à lui-même, toujours aussi sympathique et convaincant. Marie Gillain est « différente », plus discrète, mais toujours touchante. Les personnages secondaires sont un peu moins convaincants, mais comme ils sont éclipsés par le duo d’affiche, on ne les remarque pas trop (malheureusement en ce qui concerne notre Yannick Renier national).

 

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Et parce que je ne pouvais pas ne pas en parler, et que ça a fait gagner des « points » au film dans mon cœur : merci monsieur Lioret d’avoir mis en scène une famille où le père s’occupe des enfants, de la cuisine, de l’aménagement de la maison et où la mère est complètement absorbée par son boulot, ce comme si c’était une chose aussi normale que la situation inverse, sans faire de longs discours ni mettre cela trop en avant. Parce que c’est ça l’égalité à mes yeux, pouvoir voir des situations différentes sans qu’elles ne soient montrées comme anormales ou exceptionnelles, au contraire, comme si elles allaient elles aussi de soi en fait. Et rien que pour ça, ça valait la peine de faire ce film.

 

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Au final, Toutes nos envies n’a peut-être pas l’ampleur des précédentes réalisations de Philippe Lioret, mais il reste cependant un film bien pensé et appréciable. A voir surtout pour le beau duo formé par Marie Gillain et Vincent Lindon.

 

 

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importorigin:http://leslecturesdecachou.over-blog.com/article-toutes-nos-envies-88989617.html

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