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"Guggenheim", pour moi, c'était le nom d'un établissement de New York que je n'aurai certainement jamais l'occasion de voir. Jusqu'à ce que j'apprenne l'existence à Venise d'un autre "Guggenheim" à la collection semblant plus qu'alléchante. Si ce musée Peggy Guggenheim situé dans le quartier de Dorsoduro à Venise est petit, il m'a séduite, devenant – avec une librairie dont je vous parlerai bientôt – l'endroit que j'ai préféré dans cette ville regorgeant pourtant de belles choses à voir.

 

Pourquoi? Ca aurait pu être les lieux, un beau palais "inachevé" d'un seul étage aux finitions soignées et délicates. Ca aurait pu être le jardin, enserré entre les diverses parties du bâtiment et d'une sérénité délicieuse. Ca a été la collection, à la mixité beaucoup plus marquée que dans la plupart des musées que j'ai eu l'occasion de visiter. Ca a été aussi l'ambiance et le féminisme affiché des lieux, allant jusqu'au nombre de femmes employées dans cet endroit quand on voit la plupart du temps des hommes à ce type de places. Mais, surtout, j'ai été intriguée et fascinée par Peggy Guggenheim elle-même et j'ai prévu de lire un livre qu'elle a écrit et une biographie non-officielle à son sujet.

 

Visitons un peu ce musée ensemble… Cliquez sur les images pour les agrandir.

 

(source de l'image)

 

(vue panoramique depuis la terrasse du palais Guggenheim que l'on aperçoit sur la photographie précédente)

 

(sur cette même terrasse,  L'angelo della città par Marino Marini au pénis pouvant être retiré (si si))

 

(Survival par Jenny Holzer)

 

(installation aux néons de Maurizio Nannucci)

 

(Untitled – Anish Kapoor, une oeuvre qui ne paie pas de mine mais qui est diablement amusante grâce à ses reflets)

 

(Silver Bedhead par Alexander Calder)

 

(Moon Cage par David Hare)

 

(Magic Garden (Zaubergarten) par Paul Klee)

 

(photo de Peggy Guggenheim dans le café du musée, je n'ai pas pensé à prendre le nom de son auteur)

 

 

 

Mercure de France, coll. Bibliothèque étrangère

Genre : nouvelles, drame, autofiction

Infos : 2014 (2013) – V. O. : Levels of Life – Trad. : Jean-Pierre Aoustin – 128 p. – 15€50 – ISBN : 978-2-7152-3467-3

Pourquoi ce livre ? Tellement j’ai lu de belles choses à son sujet, tout d’abord chez Cuné.

 

 

RESUME :

Nous vivons à ras de terre, à hauteur d'homme et pourtant – et par conséquent – nous aspirons à nous élever. Créatures terrestres, nous pouvons parfois nous hisser jusqu'aux dieux. Certains s'élèvent au moyen de l'art ; d'autres, de la religion ; la plupart, de l'amour. Mais lorsqu'on s'envole, on peut aussi s'écraser. Il y a peu d'atterrissages en douceur. On peut rebondir sur le sol assez violemment pour se casser une jambe, entraîné vers quelque voie ferrée étrangère. Chaque histoire d'amour est une histoire de chagrin potentielle. Sinon sur le moment, alors plus tard. Sinon pour l'un, alors pour l'autre. Parfois pour les deux.

C'est à différentes altitudes que se situent les trois récits qui composent ce livre.
Le premier nous conte, avec souvent beaucoup d'humour, les différentes tentatives de l'homme pour voir le monde d'en haut. Et il s'attache plus particulièrement à celles de Nadar, qui, à bord d'un ballon, réalisa les premiers clichés aérostatiques en 1858.

Le deuxième se penche sur les amours de Sarah Bernhardt – souvent photographiée par Nadar et qui fit un tour en montgolfière – avec un bel officier anglais. Là, on est «à hauteur d'homme».

Le troisième nous parle – droit au cœur – de ce qui se passe quand «tout est déjà arrivé», en l'occcurence, la mort de l'être qui vous était le plus proche et «qu'on est tombé de la plus grande hauteur». Disons simplement que Julian Barnes est sans doute là au sommet de son art.

 

 

MON AVIS :

Voilà un livre dont j’ai eu envie de parler parce que je ne sais trop que penser de lui. Quand tout est déjà arrivé est une étrange créature. Faite de trois histoires, elle n’est pas tout à fait un recueil de nouvelles, pas tout à fait un fix-up. Elle en devient peut-être autre chose mais quoi alors ?

 

Tout commence avec Le péché d’élévation, mi-nouvelle, mi-documentaire sur cette course folle au ciel qui débuta avec les montgolfières. Barnes nous parle des balloonatics et de leur obsession, de la manière dont elle prenait possession de leur vie. Et j’ai beau adorer les histoires « de ciel », je suis restée totalement indifférente à celle-ci.

 

Passons donc à la deuxième histoire, A hauteur d’homme, qui nous offre un retour sur terre auprès de Sarah Bernhardt, la célèbre actrice qui fit tourner tant de têtes. Dans une sorte de mini-biopic, Barnes nous raconte la vie amoureuse de cette femme et d’un homme qui croisa sa route. Récit plus attrayant que le premier, il ne m’a pour autant pas emportée non plus.

 

J’avoue qu’à ce point-là, si le recueil avait été plus long, je l’aurais tout bonnement laissé tomber. Mais est venu La perte de profondeur. Dans ce témoignage, Barnes nous parle de son veuvage, de la manière dont il a appréhendé la perte et apprivoisé (en quelque sorte) la douleur. Difficile de ne pas être touché par le manque qui ressort de chaque phrase. Forcément, on émerge de ce dernier texte ému. Et pourtant… Et pourtant, Barnes a réussi à quelque peu m’agacer ici mais aussi à me faire réfléchir à certains états de fait. On pardonne tout à celui qui souffre. Parce qu’il souffre, qu’on est en quelque sorte content de ne pas être à sa place et que, par empathie, on comprend qu’il a autre chose que la bienséance en tête. D’un autre côté, celui qui souffre est souvent assez catégoriquement critique envers ses proches et connaissances, ces personnes qui ne savent comment agir avec lui par méconnaissance de sa douleur, par stupidité aussi parfois, par égoïsme peut-être. Il n'en reste pas moins que l’ignorance prime dans ces cas-là me semble-t-il, plus que toute intention de nuire ou de négliger. Là encore, on pardonne et on accepte à celui qui nous en veut, c’est normal, on aimerait au fond qu’on en fasse de même avec nous dans ce genre de circonstances. Mais ce qui a eu du mal à passer pour moi, ce sont les avis à l’emporte-pièce de l’auteur qui nous assène ses vérités sans même considérer qu’elles puissent être ou personnelles ou blessantes. Entre l’inutilité d’un être humain seul et l’imbécilité de ceux qui sont incapable de dire ce que lui veut entendre, j’avoue que j’ai un peu (beaucoup) pris le Barnes-narrateur en grippe durant cette lecture qui m’a pourtant touchée.

 

C’est donc plutôt mitigée que je suis sortie de ce petit livre qui, grâce à sa dernière partie, m'aura certes marquée mais qui ne m’a pas pour autant vraiment convaincue, malgré les émotions ressenties à sa lecture.  

 

 

Ce ne sera plus un secret pour personne (voir le superbe – et imposant – cadeau que j'ai reçu à Noël), j'aime beaucoup les oeuvres de François Schuiten (ainsi que celles de son frère Luc). Apparemment, j'ai dû contaminer ma bienfaitrice culturelle parce que c'est elle qui m'a proposé d'aller voir cette exposition de planches originales de l'auteur/dessinateur qu'il a lui-même mise en scène. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvées dans un coin perdu de Bruxelles, dans une rue tellement calme qu'on se serait cru dans une autre ville, à chercher cette bibliothèque au nom étrange et à la façade tellement discrète qu'elle se fond dans le décor.

 

 

Sur le côté, derrière une énorme sculpture en forme de livres se cache une porte. Et c'est là que se déroule l'exposition.

 

 

Une fois la porte passée et la bibliothèque/musée entraperçue, l'exposition commence dans une ambiance feutrée. Premier étonnement: les murs sont recouverts d'énormes dos de livres grands comme nous, nous donnant l'impression de pénétrer dans une bibliothèque d'un autre monde…  Et c'est sur ces dos que sont accrochés les planches originales de Schuiten.

 

 

Ces planches ne sont pas le seul intérêt de l'exposition. S'y trouvent également quelques objets ainsi qu'un bureau derrière une vitrine qui tous impressionnent par leur "calme" et leur évidence.

 

(j'ai un peu loupé cette photo mais je trouve ça tellement beau que je la mets quand même)

(idem)

 

Mais l'exposition n'est pas la seule chose intéressante à voir, il y a également diverses salles comportant d'intéressantes reliures…

 

 

… ainsi qu'une collection de hochets des plus étonnantes et inattendue dans un tel lieu.

 

 

A noter que l'exposition Le Temps des Cités est encore visible jusqu'au 19 avril (oui, ça fait court) mais qu'elle sera remplacée par une autre tout aussi tentante, Un habit pour les écrivains belges.  De plus, la superbe (et l'immense) librairie Cook & Book est juste à trois kilomètres de la bibliothèque! Inutile de vous dire que nous sommes allées y faire un tour. Résultat des courses:

 

(je suis apparemment prête à jouer dans Austenland…)