Des parasites comme nous, Adam Johnson

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Denoël, coll. Lunes d'Encre

Genre : science-fiction, post-apo

Infos : 2006 – V.O. : Parasites Like Us – Trad. : Florence Dolisi – 462 p. – 24 € – ISBN 978-2207255360

Pourquoi ce livre ? Parce que Cyrille m'a donné envie de le lire.

 

 

RESUME :

Hank Hannah, professeur à l'université du Dakota du Sud a connu son heure de gloire en publiant Les Exterminateurs, un livre fort controversé dans lequel il soutenait que les populations asiatiques ayant colonisé les deux Amériques sont à l'origine de la disparition de la plupart des grands mammifères américains. Aujourd'hui tout le monde a oublié Les Exterminateurs, et Hank s'intéresse surtout à l'expérience d'un jeune étudiant millionnaire, Eggers qui, depuis un an maintenant vit comme un homme des cavernes Un jour, sur un chantier Eggers découvre un squelette vieux de douze mille ans ainsi qu'une urne contenant ce qui semble être du maïs. Fous de joie à l'idée d'avoir fait la découverte de leur vie, Hank et Eggers ouvrent la boîte de Pandore et scellent le destin de l'humanité.

A une époque où l'on ne peut plus rire de tout, Des parasites comme nous s'impose comme une comédie virtuose, d'un mauvais goût très sûr et d'une originalité forcenée, dans laquelle une certaine bêtise (typiquement américaine) provoque l'extinction de l'humanité.

 

 

MON AVIS :

Est-ce que ça vous est déjà arrivé de boire un verre d'eau alors que vous aviez eu l'impression de saisir celui de jus d'orange à la place ? On a beau aimer les deux, le premier semble affreux quand on s'attendait au second… Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il en va de même en littérature, mais nous somme forcément conditionnés par nos attentes. Or, en débutant Des parasites comme nous, j'avais oublié un élément important pourtant lu dans le billet de Cyrille au sujet de ce livre : le côté post-apo n'arrive qu'après 350 pages. Sur 462. J'ai donc passé mon temps à attendre une chose qui a mis un temps fou à arriver. Et à ne pas goûter l'histoire parce que je la pensais être autre.

 

Hank Hannah est professeur d'anthropologie dans une université paumée du Dakota du Sud. Un de ses étudiants doctorants tombe sur un artefact de la population fétiche d'Hannah. Tous deux ne se doutent pas que cette découverte va changer leur vie et les emmener dans une spirale infernale d'absurdité et de petite délinquance qui pourra déboucher sur l'extermination de toute une espèce, celle humaine…

 

Des parasites comme nous commence bien. Très bien même. Il y a un petit quelque chose dans l'histoire de ce paumé incapable de prendre une décision qui amuse, voire qui touche. Les deux cents premières pages sont de ce fait passées comme une lettre à la poste, malgré le nombre incroyable de détails inutiles que nous donne Johnson (ou peut-être justement grâce à eux). Puis est arrivé l'élément de trop, celui qui m'a fait passer de « Oh, tiens, ça aussi ? Pourquoi pas ! » à « Pfff, ras-le-bol de cette accumulation d'improbabilités de plus en plus lourdes ». A un moment donné, le personnage principal va en prison pour des raisons absurdes et subit des choses encore plus absurdes. Et alors que j'avais accepté de jouer le jeu de la suspension de l'incrédulité jusque là, je n'ai plus pu le faire et j'ai simplement décroché de l'histoire. Si l'on rajoute à ça le fait que je me suis retrouvée extrêmement frustrée par la non-arrivée de l'apocalypse promise et puis, lors de son « avènement », par son côté presque convenu et peu impressionnant, on comprendra pourquoi un roman qui me semblait si prometteur et prenant dans sa première partie a fini par m'ennuyer dans la seconde.

 

De ce fait, je ne sais pas trop quoi penser de ces Parasites comme nous. L'écriture d'Adam Johnson m'a paru très agréable, même si plutôt neutre. Mais sa manière d'enchaîner les causalités anecdotiques et pourtant significatives ne m'a pas parlé, voire m'a semblé parfois lourde (comme pour l'explication de la survie de certains que je n'ai pas du tout « avalée »…). Du bon comme du mauvais dans tout ça, si ce n'est que le bon se concentre dans la première partie, le mauvais dans la dernière. Et c'est donc peut-être celui-ci qui va plus laisser sa marque dans mon esprit.

 

Au final, Des parasites comme nous est un roman post-apocalyptique qui préfère se consacrer aux moments précédant l'apocalypse plutôt qu'à celle-ci. Il vaut mieux le savoir avant de le débuter, au risque de se retrouver aussi frustré que moi par ce livre qui, s'il est agréable à lire, peut se révéler vite agaçant dans son déroulement.

 

challenge fin du monde apocalypse post-apo 7

 

* * (*)

 

18 commentaires sur Des parasites comme nous, Adam Johnson

  1. Je pense que ce livre est avant tout une farce, et que cet humour si particulier ne peut pas faire mouche à tous les coups. Pour ma part, j'ai beaucoup ri, et je me suis laissé prendre au jeu de l'auteur.

    J'espère que tu ne me maudis pas de t'avoir donné envie de le lire !

    • En fait, si j’avais écrit mon avis tout juste avant l’épisode de la prison, ça aurait été le même que le tien. J’ai en fait une tolérance très basse à ce type d’humour (pas de l’absurde, j’adore, mais de l’utilisation de situations impossibles et inextricables, là j’ai du mal à supporter). Il y a toujours un point à ne pas dépasser, malheureusement il l’a été ici… Mais j’ai quand même passé 200 très bonnes premières pages (si je peux formuler la chose ainsi) ^_^. Du coup, non, je ne te maudis pas ;-p.

  2. C'est clair que ce n'était pas le meilleur "Lunes d'encre" que j'ai lu, mais c'est tout de même une lecture agréable, qui déroule sans jamais nous tomber des mains. Personnellement, je n'attendais rien du côté apocalyptique. Cependant, j'ai été particulièrement marqué par l'hécatombe des porcs qui m'a rappeller la réalité, quand les anglais ont fait des bûchers de vaches pendant l'épidémie de "vache folle". Certes pas un grand livre, mais peut-être pas aussi plat qu'un verre d'eau.

    A.C.

    • Comme je viens tout juste de le dire à Cyrille, en fait, ça dépend de la tolérance qu’on a à ce genre de situations humoristiques. J’ai vraiment bien aimé le début, c’est l’accumulation qui m’a achevée.

      L’épisode des porcs est en effet terriblement en écho avec la réalité (vache folle, grippe aviaire, etc.). Mais on en « voit » tellement peu, on en sait tellement peu aussi, que ça m’a frustrée.

      • Même si ma lecture est ancienne, je garde un souvenir assez marquant de cet épisode, puisqu'il nous est raconté de l'intérieur, par le narrateur lui-même. Après, je suis d'accord, ce n'est pas un grand livre. Il parait que son recueil de nouvelles, juste avant ce roman, est extraordinaire. J'ai l'impression qu'on n'a plus entendu parlé de cet auteur.

        A.C.

        • Ce qui m’a marquée dans son récit (je ne sais pas si c’est la même chose pour toi), c’est la manière dont les êtres humains sont traités pendant cette épidémie, avec une sorte d’insouciance, ou plutôt comme si certains d’entre eux étaient juste quantité négligeable. Comme ce chef de groupe qu’on vient chercher pour sa qualité de chef et qu’on ne reverra jamais, on devine pourquoi. Ca, c’est un bon point (si on peut qualifier l’horreur de bon point) pour cette apocalypse ^_^.

          Je serais curieuse de le lire sous ce format, son écriture m’a bien plus somme toute. Publié en français, le recueil?

          (peut-être lui faut-il du temps pour écrire un roman? Ou ne trouve-t-il pas d’éditeur?)

          • Oui, il s'appelle Emporium, chez Denoël et d'Ailleurs. Je l'ai en stock, mais pas encore lu. J'ai lu par ailleurs que les droits des "Parasites" avaient été faramineux pour Lunes d'Encre, et vu le maigre succès, il est à prédire qu'on est pas près d'entendre de nouveau parler de l'auteur en France.

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