La fille surexposée, Valentine Goby

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Alma éditeur

Genre : drame

Infos : 2014 – 126 p. – 17 € – ISBN : 978-2-36-279103-1

Pourquoi ce livre ? Par curiosité pour l'histoire derrière la couverture assez intrigante.

 

 

RESUME :

De 1900 à 1950 se multiplièrent les cartes postales coloniales : femmes-objets « couleur locale » ou costumées selon les standards aguicheurs du moment. Aujourd’hui l’artiste marocain Miloudi Nouiga balafre de peinture ces photos dans un geste doublement provoquant dénonçant à la fois le colonialisme d’hier et la censure présente des intégristes musulmans. Valentine Goby s’inspire de cette révolte. Elle raconte le voyage d’une carte postale. L’image passe successivement du photographe qui prend le cliché dans les années 1920 à la prostituée marocaine qui pose, au soldat français qui achète la carte dans une boutique de Casablanca, années 1940 puis enfin à la petite fille française du militaire qui la retrouve aujourd’hui dans les papiers d’un héritage. Que voit-on vraiment ? De quoi, de qui parle-t-on ? Valentine Goby poursuit ainsi sa quête romanesque où le corps tient une place primordiale. La carte postale représentant la « fille surexposée » s’est projetée dans une peinture de Miloudi. Elle figure en couverture de ce livre et dans le musée imaginaire des révoltes de Valentine. On retrouve dans ce texte envoûtant la passion de celle-ci pour « les multiples mensonges de l’image » depuis sa construction voici cent ans jusqu’à sa reconstruction aujourd’hui en passant par toutes les métamorphoses de l’histoire.

 

 

MON AVIS :

Suite à la publication de Kinderzimmer lors de la rentrée littéraire de septembre dernier, Valentine Goby a beaucoup fait parler d'elle. Et voici déjà son nouveau livre, qui n'a rien à voir avec le précédent et qui, pourtant, va lui également explorer les replis du passé, ce grâce à une photo « customisée » croisée par l'auteur et qui deviendra le sujet de ce roman tournant autour du thème de la revanche.

 

Isabelle hérite des cartes postales de son grand-père. Parmi les paysages, un portrait de profil d'une femme nue attire son regard. Mais qui est ce modèle qui se moule dans une imagerie mauresque réveillant les fantasmes de ceux qui la regardent ? Peut-être que de remonter dans le temps nous aiderait à le comprendre. Nous découvrirons ainsi la vie de l'homme qui a pris la photo de cette inconnue ainsi que celle de l'artiste qui sera fasciné par cette carte qu'il transmettra après sa mort à sa petite-fille.

 

Difficile de parler de ce petit texte. Il débute sur le mode de l'anecdote pour se développer beaucoup plus en profondeur et finir par poser quelques questions pertinentes allant du racisme à la prostitution en passant par la maîtrise de son destin personnel. Différentes problématiques que je n'avais pas vues venir en débutant La fille surexposée.

 

En remontant le temps avec les différents personnages, on remonte les préjugés également. Nous passons de l'Algérie à la France, d'un avenir bouché à un autre qui s'ouvre en le forçant, d'une inconnue à une petite-fille. C'est à ce petit voyage non-intérieur que nous invite l'auteur. Il a cependant été peut-être un peu trop elliptique à mon goût, je n'ai pas eu le temps de me sentir impliquée, passant la première partie à me demander où le tout cela allait nous mener et la seconde à essayer de comprendre comment on en était arrivé si vite là. Mais le tout reste intrigant, parfois révoltant, parfois touchant, toujours agréable à lire.

 

La fille surexposée est donc un roman qui tient parfois du concept et qui propose de plonger dans l'image que l'on se fait des autres, de réfléchir à tout ce qu'on peut projeter dans notre regard. L'histoire est courte, elle nous laisse un peu sur notre faim mais elle a le mérite de nous amener à nous poser des questions essentielles et à avoir une pensée pour des personnes que l'histoire a oubliées.

 

 

* * *

 

4 commentaires sur La fille surexposée, Valentine Goby

  1. C'est étonnant comme elle écrit et publie beaucoup, et en changeant d'éditeur… ça me laisse rêveuse. Je me tiens éloignée de Kinderzimmer, le sujet me ttanise (enfants camps de concentration, le cocktail me fait peur !), malgré (ou à cause ?) les noooombreux billets élogieux sur la blogosphère !

    • Je l’ai, « Kinderzimmer », mais je n’ai pas vraiment envie de le tenter parce que le sujet ne me parle pas. Puis comme tu le dis, il y a trop d’avis élogieux…

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