J'ai beau être à moitié italienne et être souvent allée dans mon second pays, j'ai vu très peu de ses grandes villes. J'ai découvert pour la première fois Venise cette semaine grâce à ma bienfaitrice culturelle. Et comme le disait le personnage d'un roman que j'ai lu récemment, il n'est pas possible de parcourir la Sérénissime en évitant son côté touristique, c'est ce qu'elle est presque par essence. Dès lors, je me suis vautrée dans les clichés sans même les rechercher. Venise, pour moi, c'était le Carnaval, l'art (la ville elle-même étant une sorte d'oeuvre d'art à grande échelle) et les livres. Et c'est ce que j'y ai trouvé.

 

Je vous propose de parcourir avec moi cette ville aux mille clichés pendant quelques jours. Commençons par le plus répandu, celui du Carnaval, avec quelques exemples de déguisements que l'on croise littéralement à TOUS les coins de rues durant cette période festive, les personnes déguisées traversant la ville pour se rendre à la place Saint-Marc avant de retrouver l'une ou l'autre fête privée que les passants essaient d'apercevoir en vain depuis les fenêtres des grands palais. Cliquez sur les images pour les agrandir.

 

Les traditionnels…

 

 

… et les originaux

 

 

Au début, j'étais un peu gênée de prendre en photo les personnes déguisées, jusqu'à ce qu'on m'explique que c'était la principale raison de leur présence dans les rues et que je constate par moi-même l'avidité d'attention de ces personnes qui se calent à un endroit et prennent la pose jusqu'à ce qu'une troupe de touristes s'approche pour les mitrailler. C'est déstabilisant, à la fois à la limite du ridicule et incroyablement beau. Un peu à l'image de la ville elle-même.

 

 

 

L'école des loisirs

Genre : jeunesse, comédie dramatique

Infos : 2014 – 204 p. – 15 € – ISBN : 978-2-211-21853-5

 

 

RESUME :

Ce matin-là, dans la cour du collège, Sidonie s’apprête à faire quelque chose de dangereux, d’irréparable peut-être. De ces choses que l’on fait quand on perd la tête et que l’on veut à tout prix échapper à soi-même.

Sidonie est une jeune fille qui normalement n’a peur de rien, qui porte des chaussures rouges, n’aime que la musique classique, ne s’intéresse à personne et a toujours pensé que sa vie ne commencerait que lorsqu’elle aurait quitté l’affreuse petite ville où elle est née.

Mais ce matin-là, dans la cour, la vie a le rythme obsédant d’un blues, le parfum d’une amitié fulgurante, l’évidence d’une histoire d’amour si forte, si parfaite que Sidonie n’aurait jamais pu l’imaginer. Et elle a le visage de Rebecca.

 

 

MON AVIS :

Si j'aime la littérature jeunesse en général et celle pour adolescents en particulier, j'arrive à saturation du modèle qu'on nous propose inlassablement, celui exploitant la dernière formule à succès. J'ai fini par ne quasiment plus lire de livres appartenant au genre, sauf pour savoir à quel public exactement j'allais pouvoir conseiller tel ou tel titre (ce qui est devenu dernièrement ma seule motivation de lecture pour le YA). Mais c'est oublier les éditeurs qui sortent des sentiers battus. Je me rends compte que ce rejet de ma part est injuste et provient surtout d'un manque d'information. Je ne fais plus qu'entendre parler des grosses sorties, je rate les pépites. Pour la bibliothèque, je me suis tournée vers ce qui était une valeur sûre de mon adolescence, L'école des loisirs. Et je suis tombée par hasard sur un roman qui m'a enthousiasmée, Le blues des petites villes.

 

Sidonie n'est pas une adolescente comme les autres et elle revendique sa différence. Elle la recherche aussi chez ceux qu'elle fréquente et devient vite une sangsue quand elle trouve une amie à laquelle se consacrer entièrement. A chaque fois, cela finit mal et Sidonie est reniée par la fille à laquelle elle s'est (trop) dévouée. Pourtant, quand elle rencontre son double, une autre excentrique ayant jeté son dévolu sur elle, elle la rejette violemment. Avant de comprendre qu'elles se correspondent…

 

J'ai un peu de mal à déterminer à quel point Le blues des petites villes a pu me plaire. A l'image de Sidonie qui trouve tout de suite admirable toute personne à sortir du moule des « décalcomanies » comme elle les appelle (ces adolescentes qui cherchent absolument à ressembler à leur star préférée, toujours la même), j'ai adhéré à ce roman parce qu'il ne ressemblait pas à ce que j'ai pu lire ces dernières années en jeunesse. Je me rends compte que la joie de tomber sur un texte différent a beaucoup joué dans mon appréciation de celui-ci. Mais le fait est que j'ai dévoré le livre de Fanny Chiarello avec plaisir et que je l'ai refermé en espérant que plus de publications à succès lui ressemblent.

 

Qu'a-t-il de différent ? Une volonté de dépeindre des personnages originaux et qui trouvent un écho en nous-même pourtant. Une justesse dans la description des enthousiasmes et des emportements adolescents. Et une volonté de parler de sujets qui méritent qu'on les ressassent jusqu'à ce que cela ne soit plus nécessaire. Car au fil des pages, Le blues des petites villes quitte son ton léger pour traiter de problématiques fondamentales, comme tout bon roman jeunesse. Et finit en beauté en nous offrant au passage une histoire qui restera avec nous la dernière page tournée.

 

Dès lors, si vous en avez assez des héroïnes maladroites hésitant entre deux hommes ou des histoires d'êtres surnaturels devenus de parfaits gendres, n'hésitez pas, Le blues des petites villes risque de vous faire à nouveau aimer la littérature jeunesse.

 

 

J'ai Lu, coll. Nouveaux Millénaires

Genre : fantastique

Infos : 2014 – Trad. : Jean-Pierre Pugi – 543 p. – 18 € – ISBN : 978-2-290-09774-8

 

 

RESUME :

Avec ce qu'il gagne, Nate n'allait pas laisser passer l'occasion en or d'habiter l'un des plus vieux immeubles de Los Angeles pour un loyer modique. Pourtant il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce bâtiment : portes cadenassées, branchements électriques impossibles, cafards mutants… Intrigué, et n'ayant pas grand-chose d'autre à faire de sa morne vie de trentenaire célibataire, Nate décide de mener l'enquête avec certains de ses voisins. D'anomalies en mystères, ils vont rapidement se rendre compte qu'il s'est passé des choses dans cet immeuble, des choses terribles qui n'appartiennent pas tout à fait au passé…

 

 

MON AVIS :

Voilà un livre qui m'a prise par surprise ! Depuis quelque temps, j'ai envie d'un bon film d'horreur. J'ai des périodes comme ça où le besoin de frissons se fait ressentir de manière plus forte. Ne trouvant pas de quoi me contenter (c'est fou quand même, où sont passés les Pontypool, les Mister Babadook, les The Others ou encore les Ringu???), je me suis tournée vers un livre que j'avais acheté en prévision d'un de ces moments d'envie d'épouvante. La couverture m'ayant fait penser à la Chambre 1408 (film tiré d'une nouvelle de Stephen King), c'est en espérant trouver une histoire du genre dans ses pages que j'avais embarqué 14 il y a quelques mois. Et pendant une bonne partie du livre, c'est ce que j'ai trouvé. Sauf que Peter Clines a soudainement fait changer de direction son récit pour nous offrir quelque chose de tout à fait inattendu et de totalement démesuré (mais du bon démesuré).

 

Nate vit à Hollywood d'un boulot inintéressant en CDD et payant mal. Quand on lui parle d'un appartement à louer à petit prix, il saute sur l'occasion d'économiser un peu d'argent et se retrouve dans un studio à la vue imprenable. Alors qu'il fait peu à peu connaissance avec ses voisins, il note des choses étranges dans le vieil établissement qu'il habite, choses qui l'intriguent de plus en plus. Il n'est pas le seul à être perplexe face aux surprenantes propriétés du bâtiment et à la porte de l'appartement 14 barricadée et c'est bientôt tout un Scooby-gang qui tentera de comprendre ce qui se cache dans cette bâtisse…

 

Peter Clines signe ici un roman très visuel qui demande à genoux à être adapté au cinéma (et je serai la première à me rendre en salle si un jour quelqu'un se décide à s'atteler à ce projet). Il nous propose une histoire prenante et surprenante qui, comme la quatrième de couverture le dit si bien, se trouve à la croisée des univers de Lost, de La Quatrième dimension et de Lovecraft. Et déjà, dire cela, c'est trop en dévoiler. Sachez seulement que 14 est un festival de références SFFFesques et un récit audacieux qui osera aller au bout de ses idées (mais vraiment).

 

Pour autant, ce roman est loin d'être sans défauts. Il met trop longtemps à se poser, il s'attarde sur des éléments inutiles et comporte beaucoup trop de personnages. Mais j'ai envie de dire que ces défauts sont également des qualités car nous nous retrouvons face à une histoire de type thriller fantastique au rythme différent et qui prend le temps de construire intrigue et protagonistes décents, ces derniers se révélant beaucoup plus intéressants que les caricatures que l'on croit d'abord voir apparaître en chacun d'eux.

 

Mais plus que les personnages, c'est l'immeuble qu'ils habitent qui fascine et réveille l'imagination du lecteur. J'ai adoré découvrir ses recoins et ses secrets et m'amuser à retrouver les références cachées ou ouvertes à d'autres œuvres, de Scooby-Doo à Fringe en passant par La maison des feuilles (si si).

 

C'est pourquoi je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans cette histoire qui, à défaut d'être réellement terrifiante, est un vrai melting-pot d'influences SFFFesques qui raviront les amateurs du genre en quête d'un bon divertissement. A découvrir.

 

 

PS: Je regrette par contre les coquilles et autres incohérences de traduction, comme deux personnages qui passent du vouvoiement au tutoiement puis au vouvoiement de nouveau pour finir par se tutoyer et ce sans aucune explication, sur l'espace de quelqes pages. Manque de relecture avant publication?